VENTE DU 19 DECEMBRE 2018 - 15H
LA SALLE - 20, rue Drouot 75009 Paris



Lot 14 - George Daniel de MONFREID, Portrait d'homme dans l'atelier, Huile sur toile, signée et dédicacée, 97 x 130 cm.

« Il aime une pâte riche, des formes largement modelées qui expriment admirablement la pléni-tude des natures mortes de fruits ou de fleurs. »
Sophie Monneret dans son Dictionnaire de l'impressionnisme.

 
George Daniel de Monfreid est né en 1856 à New York d’une liaison entre une chanteuse et un prince. Américain de naissance mais Français de nationalité, il suit une éducation rigoureuse pour devenir ingénieur. A vingt ans, le jeune Daniel décide cependant de rompre avec sa culture bour-geoise et se lance dans la peinture. Il côtoie les postimpressionnistes à Paris, élève de Degas, ami d’Aristide Maillol, il expose avec Paul Gauguin au Café Volpini, en face de l’entrée de l’Exposition Universelle de 1889. Pendant trois mois, critiques et amateurs se pressent devant ses toiles. Il se lie d’une profonde amitié avec Gauguin, amitié qui continue alors que Gauguin s’installe à Tahiti pour fuir la bourgeoisie française. Ils deviennent correspondants et confidents, Daniel de Monfreid devient alors son intermédiaire avec les mécènes et les marchands d’art.
L’œuvre de George Daniel de Monfreid, s’inscrit d’abord dans le mouvement pointilliste, mais à la suite de sa rencontre avec les membres du groupe Nabis, dont il sera proche, son style se rapproche de celui de Gauguin, sans jamais se laisser complétement influencer par son œuvre. Tout au plus dans quelques natures mortes, il porte l’accent sur le caractère décoratif du sujet, en faisant jouer, admirablement, les arabesques d’un vase de fleurs, avec la ligne baroque d’un motif de tapisserie comme on peut le constater dans l’œuvre que nous présentons. Comme son célèbre ami, il utilisait la touche oblique et traitait pareillement les fonds.

Dans l’œuvre ci-contre, nous pensons que l’artiste représente dans son atelier son ami René ANDREAU à qui est dédicacé ce tableau. On retrouve bien cet intérieur cosi, chargé de tapisse-ries derrières lesquelles, par modestie, Daniel de Monfreid dissimulait ses œuvres pour ne laisser paraître que celles de son ami Gauguin.